Le Québec est doté de sites d’impacts météoritiques exceptionnels très bien exposés : astroblèmes de Charlevoix, des lacs à l’Eau-Claire, du Nouveau-Québec et de Manicouagan, entre autres. Ces structures d’impacts font régulièrement l’objet de travaux par des chercheurs étrangers. Très peu de chercheurs québécois s’y intéressent.
Conscients de l’importance du rôle des impacts météoritiques dans la génération de ressources minérales économiques et dans les mécanismes responsables de l’évolution de la Terre, deux membres du comité d’orientation d’un projet initial de musée de l’astroblème, Serge Genest du Groupe Omégalpha et Michel Jébrak de l’UQÀM, ont entrepris de développer des activités de recherche et de transfert dans ce domaine.
Serge Genest s’intéresse aux impacts météoritiques depuis plus de 25 ans. Au sein du Groupe Omégalpha Inc., il a constitué une équipe de recherche sur les structures d’impacts météoritiques. Lors du départ à la retraite de Jehan Rondot, géologue responsable de la découverte de l’astroblème de Charlevoix, Serge Genest a acquis le fonds documentaire et les collections privées de ce dernier afin d’en assurer la conservation. Jehan Rondot avait accumulé des échantillons de plusieurs dizaines d’astroblèmes dans le monde, échantillons récoltés au cours de ses excursions dans le cadre de congrès internationaux. Considérant les échantillons également accumulés par le Groupe Omégalpha, il s’agit donc d’une collection de référence unique en son genre au Québec. Serge Genest souhaitait mettre cette collection de référence à la disposition des géologues québécois et autres chercheurs du monde entier afin de parfaire leurs connaissances ou de les aider dans leurs recherches. Une partie de la collection du Groupe Omégalpha sera volontiers mise à la disposition du grand-public dans le cadre du projet de Musée de la Terre. En novembre 2008, invité par Michel Jébrak, professeur-chercheur à l’UQÀM, Serge Genest acceptait de joindre les rangs d’un comité d’orientation visant la création d’un musée ayant pour thème l’impact météoritique de Charlevoix. Il acceptait également d’en porter le flambeau.
Michel Jébrak, reconnu pour son expertise sur les brèches associées à la genèse des gisements métalliques, a initié une coopération scientifique avec la Humboldt Universität, Berlin, Allemagne. Il codirige une thèse de doctorat sur les brèches de la structure du Ries, Nördlingen, Allemagne, lesquelles brèches seront comparées à celles de la structure de Charlevoix. Cette coopération l’a amené à visiter le Musée du Ries orienté sur l’astronomie et les impacts météoritiques, lequel attire plus de 50 000 visiteurs par année. Le Musée du Ries cible le grand-public ainsi qu’une clientèle étudiante de niveau secondaire et collégial dans le but de générer des carrières scientifiques. Le musée met également des collections de roches à la disposition des chercheurs du monde entier intéressés par le sujet. Michel Jébrak, par son implication dans l’administration de la Faculté des Sciences à l’UQÀM, était bien au fait des lacunes en matière de promotion des sciences au Québec, notamment pour la clientèle étudiante de plus de 14 ans. S’inspirant du modèle allemand, il a eu l’idée de créer un musée ayant pour sujet l’impact météoritique de Charlevoix.
Pierre Verpaelst, représentant du MRNF au sein du comité initial promouvant le projet de musée de l’astroblème, est également responsable de la classification des géo-sites au MRNF. Il a proposé de constituer un parc géologique couvrant l’ensemble de la structure d’impact météoritique de Charlevoix, et ce afin d’appuyer les efforts de vulgarisation du futur musée, le futur Musée de la Terre. Il faut noter que le MRNF travaille actuellement à la validation d’une vingtaine de géo-sites sur le territoire québécois, des sites géologiques d’intérêt pour la conservation du patrimoine scientifique. L’astroblème de Charlevoix n’avait pas encore fait l’objet d’une demande. Le travail est en cours depuis mai 2009.
Parallèlement aux discussions entourant le projet de musée sur les impacts météoritiques, un comité restreint, constitué de Louisiane Gauthier (Musée maritime de Charlevoix), Guy Duchesne (Chambre de commerce de Charlevoix) et Robert Arsenault (Réserve mondiale de la biosphère de Charlevoix), avait alors imaginé la création d’un institut qui leur permettrait de concrétiser leur objectif de développement durable. Sur invitation de Louisiane Gauthier, Hubert Reeves acceptait de donner son nom à cet institut.
Mis au courant des projets des géologues, les promoteurs de Charlevoix invitaient les membres du comité provisoire du Musée de la Terre à participer au développement du futur institut, d’où l’implication actuelle de l’UQÀM, du MRNF et du Groupe Omégalpha au sein du conseil d’administration de l’Institut Hubert-Reeves. Dans le même temps, le Musée maritime de Charlevoix, l’Université Laval, la Réserve mondiale de la biosphère de Charlevoix et la Chambre de commerce de Charlevoix acceptaient officiellement de devenir membres institutionnels et de déléguer un représentant sur le conseil d’administration.
Lors d’une rencontre en mai 2009, Hubert Reeves endossait la mission de l’Institut telle qu’elle est aujourd’hui formulée, jetant ainsi les bases de la requête en constitution. L’Institut Hubert-Reeves (IHR), organisme à but non lucratif, a été créé officiellement le 3 juillet 2009 et accrédité en 2010 comme organisme de bienfaisance.
Invitée par l’Institut à joindre ses rangs, l’Agence spatiale canadienne acceptait en mars 2010 de devenir membre institutionnel de l’IHR et de déléguer un représentant à son conseil d’administration.
L’IHR a confirmé son établissement dans la région de Charlevoix avec l’acquisition à l’été 2011 d’un terrain de 3,45 ha généreusement offert par Investissements Charlevoix. Ce terrain permettra de construire le complexe scientifique de l’IHR et le Musée de la Terre sur la Route du Fleuve dans la municipalité de Les Éboulements.
L’IHR a constitué un groupe de recherche sur les impacts météoritiques, le GRIM-IHR, lequel est très actif et contribue grandement au rayonnement international de l’Institut. Les activités de vulgarisation sont en cours. L’IHR projette l’ouverture du Musée de la Terre et du Parc géologique de Charlevoix en juin 2014.